Protéinurie et syndrome néphrotique
1. Protéinurie physiologique (100 à 150 mg, soit < 0,2 g/j)
2. Définitions de l’albuminurie et de la protéinurie

3. Définition du syndrome néphrotique
Protéinurie > 3 g/j (50 mg/kg/j chez l’enfant) et albuminémie < 30 g/L
4. Complications du syndrome néphrotique et leur traitement
a. Aiguës
1. La rétention hydrosodée, caractérisée par une prise de poids, des oedèmes déclives, éventuellement une anasarque
- Traitement : régime restreint en sodium (< 2 g/j), diurétique de l’anse
2. L’insuffisance rénale aiguë
- Fonctionnelle par hypovolémie :
- due à la baisse de la volémie par fuite d’albumine vers le secteur interstitiel (rare)
- ou déplétion hydrosodée brutale par diurétique
- Organique :
- par nécrose tubulaire aiguë
- par thrombose veineuse rénale
3. Les thromboses vasculaires
- Thrombose veineuse ou artérielle chez l’enfant
- Maladie thromboembolique veineuse chez l’adulte
- Thrombose de veine rénale au cours de la glomérulopathie extra-membraneuse
- traitement curatif :
- anticoagulant en cas de thrombose veineuse, prolongé aussi longtemps que le SN persiste, avec un objectif d’INR entre 2 et 3
- anticoagulant et/ou aspirine si thrombose artérielle
- prophylaxie :
- éviter l’immobilisation prolongée
- éviter la déplétion hydrosodée brutale
- prescrire un AVK si hypoalbuminémie profonde < 20 g/L et durable
- traitement curatif :
4. Les infections bactériennes à germes encapsulés (pneumocoques, streptocoques ou BGN) : pneumopathie, péritonite, érysipèle ; pas d’indication à une antibioprophylaxie
b. Chroniques
1. L’insuffisance rénale chronique, favorisée par l’hypertension artérielle et une protéinurie massive persistante
par échec ou absence de traitement spécifique
- Traitement « néphroprotecteur » :
- objectif tensionnel : PA < 130/80 mmHg ; moyens : IEC ou ARA2 + diurétique
- réduire la protéinurie : objectif < 0,5 g/j ; moyens : abaisser la PA + IEC (ou ARA2) + régime peu salé + diurétique
2. La dyslipidémie athérogène (LDL-C élevé, hyperTG)
- Traitement par régime (peu efficace) et statine si SN durable (> 6 mois)
3. Retard de croissance : chez l’enfant si SN chronique ou si corticothérapie autour du pic de croissance pubertaire
- Prévention :
- régime normal en protéine : 1-1,5 g/kg/j
- réduire la corticothérapie en lui substituant un immunosuppresseur autour de la puberté
