Item 262
Quelques cas particuliers
A. La NIC secondaire à la prise de lithium
- 30 à 45 % des patients traités par lithium ont des anomalies rénales fonctionnelles après 10 à 15 ans de traitement.
- Ces anomalies se caractérisent par :
- un défaut de concentration des urines avec polyurie ;
- et au maximum, la présence d’un diabète insipide néphrogénique ;
- une acidose tubulaire distale ;
- et la présence de microkystes distaux dans les rares cas où la biopsie est réalisée, aussi visibles en IRM.
- L’évolution est très lentement progressive, et les bénéfices et les risques de la poursuite du traitement doivent être discutés avec le psychiatre.
B. La sarcoïdose
- L’atteinte rénale la plus fréquente est secondaire à l’hypercalcémie (activité 1-alpha hydroxylase des macrophages activés) et à l’hypercalciurie, avec parfois des lithiases.
- Cependant, chez 15 à 30 % des patients, il existe une néphrite interstitielle granulomateuse, associée à une atteinte extrarénale de la maladie (atteinte pulmonaire, adénopathies, élévation des concentrations sériques de l’enzyme de conversion et de la 1-25-(OH)2–D3).
- La corticothérapie est indiquée (1 mg/kg/jour) pendant plusieurs mois, mais la guérison est souvent incomplète du fait de la fibrose séquellaire.
- L’insuffisance rénale terminale est cependant rare.
C. La néphropathie causée par les herbes chinoises
- Il s’agit d’une forme rapidement progressive.
- Elle est secondaire à la prise d’herbes chinoises dans un but d’amaigrissement.
- La néphrotoxine est l’acide aristocholique, dérivé de Aristocholia Fangchi (retiré du marché).
- L’évolution est sévère malgré l’arrêt de la consommation, avec une progression rapide, en moins de 2 ans, vers l’insuffisance rénale chronique terminale.
- Cette intoxication favorise la survenue de tumeurs urothéliales.
- L’acide aristocholique est également l’agent toxique impliqué dans la néphropathie des Balkans.
D. Le syndrome NITU (Néphropathie Interstitielle et Tubulaire avec Uvéite)
- Syndrome rare, plus fréquent chez l’enfant que chez l’adulte.
- Possible origine auto-immune.
- Néphrite interstitielle associée à une uvéite. L’atteinte rénale peut précéder, suivre, être synchrone à l’uvéite.
- Efficacité inconstante des corticoïdes.
En conclusion, de nombreuses causes sont impliquées dans la physiopathologie des NIC. La figure 1 les résume et souligne la spécificité de l’atteinte tubulaire pour certaines d’entre elles.
